VINCI

Sylvia Cleff Le Divellec, EWSDGE National Coordinator France at the VINCI AGM in Paris.

(14.04.2015) Les femmes actionnaires revendiquent l’égalité réelle des femmes et des hommes dès aujourd’hui !

Ce début d’avril 2015 a marqué le lancement du programme d’action initié en 2011 par l’Association des femmes juristes allemandes (djb) « Les femmes actionnaires européennes revendiquent l’égalité des sexes ». Cette initiative enjoint aux directions d’entreprises européennes à redoubler d’efforts pour promouvoir des femmes compétentes à tous les niveaux de responsabilités ainsi qu’au sein des conseils stratégiques.

L’Assemblée générale de VINCI a été la première visée par cette initiative en France. Dans le cadre du programme PROGRESS de l’Union européenne, des femmes juristes et autres représentantes du milieu juridique participeront à plus de 100 assemblées d’actionnaires d’entreprises basées dans onze États de l’Union européenne. Elles y prendront également la parole en faveur d’une meilleure représentation des femmes au sein des divers conseils concernés.

Au cours du premier semestre de l’année 2015, des entreprises de l’Eurostoxx 50 basées au Benelux, en France, en Allemagne, en Irlande, en Italie et en Espagne devront répondre à un certain nombre de questions importantes concernant la représentation des femmes à des postes de direction. En Bulgarie, en Hongrie et au Royaume-Uni, quelques entreprises composant les indices boursiers nationaux BUX, SOFIX et FTSE 100 feront l’objet de visites.

En 2014, le Groupe Vinci comptait 35 000 managers. La catégorie des dirigeants (exécutives) comptait 315 collaborateurs parmi lesquels seulement 17 femmes, soit seulement 5,4%. En 2014, les femmes représentaient 14,2 % de l’effectif du Groupe (15 % en France). Elles représentaient 17,7% des managers et 13,4% des non-managers (19,6 % des cadres et 28 % des ETAM en France). Sans grande surprise, le Comité exécutif avec ces 12 membres ne compte pas une seule femme. Pire, parmi les 18 membres des comités stratégiques, pas non plus une seule femme. Ces 30 postes importants dans une entreprise font penser aux 30 postes dans le gouvernement actuel qui est mixte paritaire depuis 2012. Face à cette photographie de la gouvernance exclusivement masculine du plus grand groupe Français du secteur du bâtiment la question de Sylvia Cleff Le Divellec, Juriste et Co-coordinatrice du projet en France, s’imposait : « M. Le Président, Mesdames et Messieurs les actionnaires, que penseriez-vous si en 2015, en France, aucune femme n’était membre de notre gouvernement ? Cette image paraît complètement anachronique et dépassée ». La salle réagit attentivement, avec quelques applaudissements prudents ; la question attire l’intérêt. La réponse donnée avec sérieux et bienveillance de la part du Président du Groupe mais floue sur le fond veut donner de l’espoir pour une féminisation du Groupe au niveau managérial malgré un manque en termes de stratégie et d’objectifs chiffrés concernant le Comex.

Vinci fait figure de « bon élève » en terme de mixité dans son Conseil d’Administration avec 28% de femmes en respectant et dépassant même le quota légal de 20% en 2015. L’entreprise montre justement, qu’il est possible de trouver et de nommer des femmes compétentes à des postes importants.

Du chemin à faire pour VINCI, entreprise classée comme masculine d’après l’observatoire Skema. Questionné par rapport au lien entre performance économique et féminisation, le Président Directeur Général de VINCI répond à Mme Cleff Le Divellec « qu’en effet, une augmentation de femmes dans des postes à haute responsabilité peut contribuer à la performance économique de l’entreprise » C’est donc dit et acté, au travail Messieurs le Président et au revoir l’année prochaine !

L’Association française des femmes juristes estime que ce projet représente un pas important en France pour promouvoir le sujet de la mixité à tous les niveaux des entreprises française et surtout devant les actionnaires, concerné-e-s et intéressé-e-s par la performance de leur entreprise. Même si la France est précurseur en la matière en Europe sur le plan juridique avec une mixité de 34% en moyenne des Conseils d’Administrations en 2015, il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire sur la prise en compte concrète de la corrélation significative entre la féminisation de l’encadrement et la rentabilité d’une entreprise, constate Sylvia Cleff Le Divellec.

LE CONTEXTE

La Commission européenne a attribué en 2014 un contrat à un consortium d’organisations pour mettre en œuvre le projet « Les femmes actionnaires européennes revendiquent l’égalité des sexes » dans le cadre du programme PROGRESS de l’Union européenne (avec 16 autres projets européens). Le projet est cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, le ministère de la Justice et de l’Égalité de Saxe-Anhalt et la Chambre de commerce de Finlande.

Ce consortium se compose de l’Association de femmes juristes de l’Allemagne (djb), qui est chargée de la coordination du projet, et des partenaires co-bénéficiaires suivants : des organisations non gouvernementales (Associations de femmes juristes en Bulgarie, en France (AFFJ) et en Hongrie) ainsi que de la Chambre de commerce de Finlande et l’Université de l’Ouest de l’Angleterre, à Bristol, à des fins de coordination. Le ministère de la Justice et de l’Égalité de Saxe-Anhalt organisera l’événement de clôture, et l’Université Magdeburg-Stendal est chargée de l’évaluation et de la diffusion.

La présente initiative rejoint le projet allemand « les femmes actionnaires revendiquent l’égalité des chances et l’augmentation du nombre de femmes aux postes de direction, en particulier au sein des conseils de surveillance des entreprises allemandes cotées en bourse » financé par le ministère fédéral allemand de la famille, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse (BMFSFJ) et s’étend à toute l’Europe.

 

»Download Press Release«

 

 

Photo credit: © EWSDGE project office

Comments are closed