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Mary-Daphné Fishelson, President of A.F.F.J at the TOTAL AGM in Paris.

(29.05.2015) Les femmes actionnaires revendiquent l’égalité réelle des femmes et des hommes dès aujourd’hui ! Au début du mois d’avril 2015 a été lancé programme d’action initié en 2014 par l’Association des Femmes Juristes Allemandes (djb) « Les femmes actionnaires européennes revendiquent l’égalité des sexes ». Une initiative qui enjoint aux directions d’entreprises européennes à redoubler d’efforts pour promouvoir des femmes compétentes à tous les niveaux de responsabilités et notamment au sein des conseils stratégiques.

Dans le cadre du programme PROGRESS de l’Union européenne, des femmes juristes et autres représentantes du milieu juridique participent en effet à plus de 100 assemblées d’actionnaires d’entreprises basées dans onze États membres de l’Union européenne, au cours desquelles elles sont amenées à prendre la parole afin de soutenir l’objectif d’une meilleure représentation des femmes au sein des divers conseils concernés. Au cours du premier semestre de l’année 2015, des entreprises de l’Eurostoxx 50, basées au Benelux, en France, en Allemagne, en Irlande, en Italie et en Espagne ont dû répondre à un certain nombre de questions concernant la représentation des femmes aux postes de direction. En Bulgarie, en Hongrie et au Royaume-Uni, quelques entreprises composant les indices boursiers nationaux BUX, SOFIX et FTSE 100 font également l’objet de visites.

A cette fin, Mary-Daphné Fishelson, présidente de l’Association Française des Femmes Juristes, spécialisée en droit du travail et Chevalier de la Légion d’Honneur, a pris la parole au cours de l’Assemblée Générale de l’entreprise Total, qui s’est tenue le 29 mai dernier.

En 2014, les femmes représentaient 24,5% des cadres, 17,6% des cadres dirigeants, 27,6% des collaborateurs recrutés en CDI et 31,1% de l’effectif global du Groupe Total. Depuis novembre 2014, cinq femmes sur 14 membres siègent au sein du Conseil d’administration de l’entreprise, soit une proportion d’environ 36 %, dépassant l’objectif légal de 20 % pour 2015. L’entreprise montre ainsi qu’il est possible de trouver et de nommer des femmes compétentes à des postes à responsabilité. Cependant, et sans grande surprise, le Comité exécutif, instance de pilotage opérationnel du groupe, ne présente actuellement aucune femme parmi ses 7 membres. Quant aux comités spécialisés de l’entreprise, bien que tous comptent au minimum 2 femmes (sur 6 membres au maximum), seul le comité d’audit est doté d’une présidence féminine. Face à cette photographie de la gouvernance exclusivement masculine de ce grand groupe pétrolier français, Mary-Daphné Fishelson a naturellement interrogé la direction de l’entreprise sur ses objectifs de parité au niveau du Comité exécutif, tout en rappelant les efforts fournis par l’entreprise en termes de féminisation : « Combien de femmes ont été promues en pourcentage dans votre entreprise au cours de l’année dernière aux niveaux de responsabilité N-1 et N-2 en dessous du COMEX ? »

A cette question, Thierry Desmarest, président du groupe a déclaré souhaiter voir une évolution au niveau du management et aux postes de responsabilité les plus élevés, mais que celle-ci ne pouvait avoir lieu que progressivement. Il faut en effet « des nominations qui puissent être considérées comme légitimes par l’ensemble du corps social. [L’objectif de féminisation de ces instances] est tout à fait légitime mais vous ne pouvez avancer que si vous sélectionnez des candidates de bonne qualité. » Thierry Desmarest a en outre évoqué la lente progression de la féminisation des écoles d’ingénieurs, contribuant selon lui à la difficulté de trouver des femmes candidates dans ce secteur. Patrick Pouyanné, directeur général, a quant à lui ajouté qu’aujourd’hui, « 17 % des N-1 en-dessous du Comex sont des femmes » et assuré que le groupe allait trouver des femmes : « la mixité tout comme l’internationalisation sont à mon agenda », tout en appelant à la patience.

L’Association française des femmes juristes estime que ce projet représente un pas important en France pour promouvoir le sujet de la mixité à tous les niveaux des entreprises française et surtout devant les actionnaires, concerné-e-s et intéressé-e-s par la performance de leur entreprise. Même si la France est précurseur en la matière en Europe sur le plan juridique avec une mixité de 34 % en moyenne des Conseils d’Administrations en 2015, il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire sur la prise en compte concrète de la corrélation significative entre la féminisation de l’encadrement et la rentabilité d’une entreprise, rappelle Sylvia Cleff Le Divellec, Juriste et Co-coordinatrice du projet en France.

LE CONTEXTE

La Commission européenne a attribué en 2014 un contrat à un consortium d’organisations pour mettre en œuvre le projet « Les femmes actionnaires européennes revendiquent l’égalité des sexes » dans le cadre du programme PROGRESS de l’Union européenne (avec 16 autres projets européens). Le projet est cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, le ministère de la Justice et de l’Égalité de Saxe-Anhalt et la Chambre de Commerce de Finlande.

Ce consortium se compose de l’Association de femmes juristes d’Allemagne (djb), qui est chargée de la coordination du projet, et des partenaires co-bénéficiaires suivants : des organisations non gouvernementales (Associations de femmes juristes en Bulgarie, en France (AFFJ) et en Hongrie) ainsi que de la Chambre de commerce de Finlande et l’Université de l’Ouest de l’Angleterre, à Bristol, à des fins de coordination. Le Ministère de la Justice et de l’Égalité de Saxe-Anhalt organisera l’événement de clôture, et l’Université Magdeburg-Stendal est chargée de l’évaluation et de la diffusion.

La présente initiative rejoint le projet allemand « les femmes actionnaires revendiquent l’égalité des chances et l’augmentation du nombre de femmes aux postes de direction, en particulier au sein des conseils de surveillance des entreprises allemandes cotées en bourse » financé par le ministère fédéral allemand de la famille, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse (BMFSFJ) et s’étend à toute l’Europe.

 

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Photo credit: © EWSDGE project office

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